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    Paroi

     

    Je voudrais peindre un mur,

    Non pas un mur de briques,

    Mais un mur de soleil,

    Avec dedans sa peau

    Un coulis d’ocre jaune,

    Des rayons de silence

    Où glisseraient des ombres,

    D’invisibles fissures

    Lustrées de sèves anciennes.

     

    J’y laisserais ma trace,

    Tatouage fossile

    Sous les replis rugueux

    D’un chaulage léger

    Et puis je migrerai

    Vers un nouvel espace

    Terres d’ombres brûlées

    Striées de veines bleues.

     

    Paroi

     

    * Basilique Saint Julien de Brioude


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    Toute la pluie des jours à la fin de l’année,

    La vie tressaille encore à  ses flancs épuisés.

    Un petit vent amer vient agiter parfois,

    Des rêves chiffonnés sur quelque plage ancienne.

    Et le ciel abreuvé de ces vaines chimères,

    S’enfuit,  tout égaré, dans sa robe en broussaille.

     

    Et puis soudain, la cabriole !

    Une autre année pointe son nez,

    D’autres jours bien serrés tout prêts à défiler

    Qui se tiennent rangés sur mon calendrier !

    Tant de soleils  et tant de lunes

    Et tant de cases  à colorier !

     

    Bonne année

     

     

    Bonne année à toutes et à tous

    Bonne route sur ce nouveau chemin

    Que la musique des anges

    Accompagne vos pas

     Que ce temps de renouveau

    Vous prépare 2020 lueurs de joie

    Et dites-vous que rien n’est tout à fait perdu

    Si vous êtes capables encore

    De pleurer devant la beauté des choses.

     

     

    Bonne année

     


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  • Sur mon chemin j’ai rencontré

    La fille du coupeur de paille

    Sur mon chemin, j’ai rencontré

    La fille du coupeur de blé…

     

    La fille du coupeur de paille

     

    Avec un chalumeau, elle écrivait au ciel

    Le flot tranquille des nuages.

    Elle dessinait la terre,

    La  portée des sillons

    D’où jaillira bientôt

    Le chant joyeux des herbes folles,

    Le désir impatient du blé neuf

    Au début des semailles.

     

    Oui, oui j’ai rencontré

    La fille du coupeur de paille

    Oui, oui, j’ai rencontré

    La fille du coupeur de blé…

     

    La fille du coupeur de paille

     

    L’automne s’est posé

    Sur la tête étoilée

    Des tournesols pensifs

    Et moi je vais marchant

    M’essayant à saisir une poignée de mots

    Qui me diraient enfin 

    Où glissent mes années

    Dans le roulis des feuilles mortes

    Dans le vent buissonnier

    Qui bouscule en riant

    La cime ébouriffée

    Des gentils peupliers

    Dans les airs oubliés

    Des rondes vagabondes.

     

    Oui, oui, j’ai rencontré

    La fille du coupeur de paille…..

     

    La fille du coupeur de paille

    un petit clic sur les photos svp

     


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  • Samedi, nous avons chaussé nos godillots pour une des plus jolies randonnées tarnaises : La chapelle Saint Ferréol, au-dessus de Dourgne, dans le Sud du département, en plein cœur de la montagne noire ! Malgré la chaleur, j’avais envie de tester une grimpette pour voir si ma patte folle tiendrait le coup.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Il faut que je vous dise que Dourgne est un village très pieux  avec deux abbayes bénédictines : En Calcat,  l’abbaye des hommes (très connue grâce aux tapisseries de  Dom Robert) et Sainte Scholastique, l’abbaye  des femmes. De plus quatre saints veillent sur la petite cité : Saint Ferréol, Saint Stapin, Saint Macaire et Saint Hyppolite. Nous étions donc entre de bonnes mains mais le parcours initial a changé et au lieu des 2 h 50 annoncées dans le guide du Tarn il nous a fallu 3 heures de montée et 1 heure de descente un peu raide parfois à déconseiller par temps de pluie..

     

    La chapelle Saint Ferréol

    Les deux abbayes (un petit clic sur les photos SVP)

     

    Le départ est plutôt rude mais très vite nous rencontrons Saint Stapin, notre premier Saint dont la statue domine la vallée avec une très belle vue sur les deux abbayes.

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Le chemin encaissé se transforme alors en une ligne de crête où dansent une multitude d’azurés très friands de ciboulette sauvage aux fleurs rondes comme des lunes étoilées .

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Après avoir contourné un énorme promontoire rocheux assez impressionnant, nous plongeons dans une belle forêt où alternent les pins et les hêtres. Enfin, c’est le désert de Saint Ferréol, un vaste plateau dénudé où affleurent des roches qui nous viennent du fond des âges, avec, au bout du bout, celle pour qui nous sommes venus : La capelette posée au bord du vide comme un navire prêt à prendre le large.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    J’aurais aimé pouvoir tout garder, noter tous les détails, la consistance du sol où buttent les chaussures, la couleur des mousses qui font le gros dos sur les épaules des roches, l’infinie variété des verts qui habillent les fougères, la chaleur qui me brûle les yeux, la joie retrouvée de l’effort, l’odeur des pins, le petit vent sous la hêtraie avec  la lumière qui sautille dans les branches, le chant des oiseaux, le bourdonnement épais des mouches, l’étroitesse des sentes et puis cette immensité qui soudain se révèle à nous avec la force sidérante de cette petite chapelle si seule, si simple, plantée là ,au milieu d’un désert d’herbes sèches parsemé de cailloux et de vieux cades échevelés.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    La fatigue est abolie. Il n’y a plus que ce petit morceau de monde autour de moi, en moi qui me tient dans sa main et me rend profondément vivante avec cette  chapelle qui m’attire comme un aimant. L’intérieur est austère mais accueillant, juste la chaleur ocre rouge de la pierre, une simple croix de bois, des ouvertures étroites qui laissent entrer la lumière.

    Je me pose sur un banc, non pour prier, je ne sais pas trop faire, mais juste pour dire merci et profiter d’un petit instant de paix. Deux jeunes hommes un peu débraillés entrent, ajustent leur tenue et s’assoient à leur tour. Je suis un peu dérangée par cette intrusion presque brutale mais je reste malgré tout.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Soudain, la voix très pure de l’un d’entre eux s’élève dans le silence et entonne l’Angélus sur l’air très connu de Greensleeves. Sans que je sache ni comment ni pourquoi, une joie immense se déploie en moi, une sorte de « stupeur tranquille » dirait Philippe Jacottet, quelque chose qui me coupe le souffle et m’emplit en même temps de reconnaissance, de profonde gratitude, d’intense plénitude. C’est de l’ordre de l’inexplicable et  tient sans doute à la magie du lieu où communient de façon très étroite la bonté de la terre et la tendresse du ciel. J’ai déjà ressenti ce phénomène étrange  dans des lieux différents : Conques, le lac de Saint Andéol dans l’Aubrac, Montségur, le Mont Saint Michel … auprès de plusieurs sources aussi. Certains parleront de forces telluriques, d’autres de grâce divine. Peu importe ce en quoi l’on croit, l’essentiel est de vivre pleinement ces instants, de laisser à la porte ses rancœurs, ses préjugés, ses doutes et d’avoir l’humilité de se laisser bouleverser, tout simplement. 

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, je vous renvoie à l’excellent article d’Abellion  http://polymathe.over-blog.com/article-23449053.html

     


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    Chagrins

     

    Cette trouée d’or pâle

    Très bas sur l’horizon,

    Un bout de ciel doré

    Embrasse les branchages,

    Vent du jour qui se meurt

    Vent des feuilles qui vibrent

    Les ombres du couchant

    Chuchotent sous la brise

    La tourterelle est là

    Fidèle,

    Effleurant le silence

    Pourquoi tant de douceur ce soir

    Dans cet élan de vie qui passe ?

     

    Je voudrais le saisir,

    Lui dire

    Que je ne suis pas morte encore

    Que le désir est là

    Et la faim et la soif

    Et le besoin urgeant

    D’un ailleurs qui m’attend.

     

    Le Temps  passe, invisible

    Mais je sais bien qu’autour de moi

    Se tissent des chagrins

    Se construisent des murs

    Et se forgent des chaînes

    Qui vont me diluer

    M’absorber, me dissoudre

    Dans un torrent de mots

    Que rien jamais

    Ne pourra endiguer

    Pas même

    Le fardeau de mes larmes.

     

    Qu’importe,

     Tant qu’il reste en mon cœur

    La force et la grâce de l’émerveillement.

     


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