• Envie de bleu et de tendresse en cette période étrange, je suis allée me promener chez Chagall et j'y ai découvert ces  deux pigeons qui s'aimaient d'amour tendre. J'ignorais que Chagall avait illustré les fables de La Fontaine.

     

    les deux pigeons

     

    Je m'en suis inspirée  pour en faire autre chose

     

    les deux pigeons

    (Un petit clic sur l'image pour voir les détails )

     

    les deux pigeons

     

    les deux pigeons


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    Au loin,

    Par-delà  le rouge  des toitures

    Et le flot tranquille des tendres peupliers,

    Je vais,

    Saisissant au vol

    Dans le vert des collines,

    L’éclat doré d’un champ

    De colza nouveau né.

     

    Soudain,  une hirondelle,

    Dans le ciel vaste et plein

    Et mon cœur  est saisi

    D’une  ardeur vagabonde.

     

    Un autre monde est là,

    Une terre féconde,

    Qui vit sans moi

    Son éternelle ronde.

     

     


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    Deux merles dans un pin

    Des trilles au bout des branches

    Pomme pomme pomme pomme

     

     

     


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  • Reproduire Van Gogh ou Manet ? Le musée Getty de Los Angeles lance ce défi aux internautes confinés

    Recréer à l'identique (ou presque) des œuvres connues : c'est le défi original lancé par le musée Getty de Los Angeles. Depuis le 25 mars, l'établissement californien propose aux internautes confinés chez eux de faire appel à leur imagination et leur créativité pour imiter un tableau ou une sculpture de leur choix.

    Le challenge a été relevé avec succès par de nombreux participants. Avec des résultats souvent inventifs et amusants.

    https://amp.lefigaro.fr/arts-expositions/reproduire-van-gogh-ou-manet-le-musee-guetty-de-los-angeles-lance-ce-defi-aux-internautes-confines-20200402

    Je vous propose quelques unes de nos idées. Mon mari s’est pris au jeu et déborde d’imagination. Saurez-vous reconnaître nos chefs d’œuvres ?

    Et pourquoi pas vous ? Il me semble me souvenir qu’Annick avait déjà proposé un cri de Munch très réaliste !

     

    Défi amusant

     

     

    Défi amusant

     

     

    Défi amusant

     

     

    Défi amusant

    À vous! Quand on a commencé, c'est dur de s'arrêter!


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    Il était un peu nerveux. Il ne savait pas du tout comment il serait accueilli. Se produire en dehors du cirque, c’était pour lui une expérience nouvelle. Les enfants et leurs rires allaient lui manquer, mais aussi,  la chaleur de la piste, les particules de poussière qui dansaient dans la lumière, l’odeur des animaux, l’orchestre qui accentuait le moindre de ses gestes ! Il était trop tard pour reculer ! Il y avait longtemps qu’il avait envie de démarrer cette tournée parallèle dans plusieurs établissements : hôpitaux, maisons de retraite, prisons.

             Devant lui, la gardienne ouvrait froidement une série de portes aux serrures complexes. D’ordinaire, quand il se trouvait dans un endroit nouveau, il fonctionnait comme une éponge. Il enregistrait avec un grand sens du détail tout ce qui l’entourait et s’en servait ensuite pour étoffer ses numéros. Mais dans ce couloir sans fin, baigné dans une lueur glauque venue de nulle part, chacune des portes qui se refermaient lui étreignait le cœur.     

    Il arriva d’un coup dans la lumière, projeté dans ce petit espace, en essayant de cacher de son mieux l’angoisse qui lui serrait le ventre. Il évalua d’un coup d’œil rapide cette centaine de femmes vêtues de joggings et de tee-shirts informes. Il flottait dans la salle un parfum de tabac et de parfums bon marché. Certaines avaient fait un effort et s’étaient maquillées. Aussitôt, les répliques fusèrent, drôles, cyniques, décalées, obscènes parfois. Elles se protégeaient comme elles pouvaient du trop plein d émotions qui risquait de les envahir. Elles étaient malgré tout bon public et l’échange était stimulant, même si l’alchimie n’était pas la même que sous le chapiteau.

             Dès le départ, il s’était cherché une ou deux accroches dans le public, un regard un peu plus attentif, une allure différente, une manière de rire … Très vite, il l’avait remarquée, légèrement en dehors du groupe, en bout de rang, les yeux tournés vers la fenêtre. Ce qui le frappa d’emblée, c’était sa façon d’être en dehors de tout, murée dans une sorte d’univers inaccessible aux autres. De ce corps longiligne et terriblement droit, de ce visage inerte, émanait une sorte de frontière invisible qui tenait le reste de la salle à l’écart. Elle faisait presque peur, pourtant elle l’attirait comme un grand puits sans fond.

    Il se mit à vider le contenu ses poches : l’énorme clé avec la chaussure qui couine, le bandonéon asthmatique, l’immense serviette qu’il noua autour de son cou, la plante factice qui se mit à pousser lorsqu’il l’arrosa, le bout de papier qui lui servait de lettre et dont il changeait la teneur en fonction de l’inspiration du moment. Elle pouvait être une lettre de sa mère, une lettre de rupture ou de licenciement, mais là, sans trop savoir pourquoi, il en fit une partition musicale qu’il se mit en devoir de déchiffrer de façon maladroite. Il se grattait la gorge, faisait des vocalises, tentait de placer sa voix comme une cantatrice loufoque. Note après note, l’image de son grand-père qui poussait la chansonnette à la fin de toutes les fêtes de familles s’imposa à lui et il improvisa sur le thème de la sérénade de Toselli qu’il décida de chantonner à la façon d’un amoureux transi et bafouilleur tout en s’accompagnant de son bandonéon.

    Dans la salle, les femmes l’apostrophaient bruyamment, cherchant la surenchère dans les réparties grivoises ! Les matonnes hésitaient entre le rire et l’intervention. Dès le début de l’air, il perçut un changement dans son maintien. Elle ne regardait plus vers la fenêtre, sa tête avait légèrement basculé sur le côté, elle avait joint les mains sous le menton, un peu de rose avait surgi tout en haut de ses joues comme si quelque part, un petit feu venait de s’allumer. Il eut la sensation qu’un fil très mince s’était tendu entre elle et lui. Il sentit la fissure, le verrou qui venait de sauter, les petits bouts d’histoire qui tentaient de faire surface. Il lui sembla même que ses lèvres murmuraient avec lui.

    À la fin du numéro, elle ne se leva pas, n’applaudit pas avec les autres. Elle continuait de le fixer, immobile, les yeux soudain remplis de larmes. Il quitta la prison comme un somnambule dans un sac de coton. Deux mois plus tard, on lui remit une lettre fatiguée, couverte de tampons et qui avait dû le poursuivre sans succès dans un grand nombre de villes. Sur l’enveloppe il lut : Monsieur Patoche, Clown au cirque Médrano, France. Quand il l’ouvrit, il revit tout de suite le visage grave et triste de cette femme qui l’avait tant ému. Elle lui disait qu’elle était enfin sortie de prison, qu’elle avait bénéficié d’une remise de peine, qu’elle avait retrouvé ses enfants et qu’elle aurait bien aimé venir l’applaudir  avec eux mais qu’elle ne savait pas dans quelle ville son cirque allait passer. Alors, il sortit de sa poche son petit bandonéon et se mit à chanter :

    Viens le soir descend

    Et l’heure est charmeuse

    Viens, toi si frileuse

    La nuit déjà comme un manteau s’étend … 


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