• Pendant les vacances, pour occuper notre petit fils, j'ai repris les contes du Tarn que j'ai étoffés comme celui du Dragon du Boutescure qui se raconte en quelques lignes dans les guides touristiques et puis nous sommes allés sur les lieux pour tenter de retrouver des traces, des indices, des restes réels ou farfelus! Il faut bien amuser les enfants mais aussi les grands car nous nous sommes bien amusés. Le premier conte réécrit est donc celui du dragon du Boutescure. Je l'ai découpé en trois parties parce que je vous sais très occupés. Je l'illustrerai par les photos de Jean-Louis.

     

    Le dragon sommeillait au-dessus des collines. De son mufle puissant sortaient quelques flocons d’écume que le ciel accueillait dans ses vents de printemps. Il avait l’air paisible et doux comme un vieillard tranquille. Ses flancs gris palpitaient calmement. Ses écailles arrondies étaient nacrées d’or et de rose et sa queue serpentait mollement à la cime des chênes

    Il avait suivi le cours d’une vallée profonde, encombrée de gros rochers luisants où les eaux rouges d’une rivière bondissaient en cascades, gambadaient, s’ébrouaient, tournaient en rond  comme de petits chiens fous. Sur l’échiquier des prés accrochés aux coteaux, quelques paysans juchés sur des charrettes tirées par des bœufs se hâtaient de rentrer les foins avant l’arrivée de la pluie et cet énorme nuage en forme de dragon ne les rassurait guère! Pauvres petits hommes ! S’ils avaient su, sans doute auraient-ils été dévastés de frayeur.

    Mais pour l’instant, ce qu’il voulait ce dragon là, c’était juste profiter de cette belle après-midi, sentir la fraîcheur verte des petits bois de châtaigniers, se reposer un peu car le voyage l’avait fatigué. Il faut dire que c’était un très vieux dragon. Sans doute était-il sorti un jour de la gueule d’un volcan à une époque où la terre vomissait ses entrailles aux quatre coins du globe. Il portait encore sur ses écailles la trace des flammes qui l’avaient façonné, ce qui lui faisait parfois lancer dans le ciel des éclairs longs et dorés comme des gerbes d’étoiles filantes. Peut-être est-ce pour cela que ses parents l’avaient appelé Boutescur, un nom venu de notre vieille langue  et que l’on pourrait traduire par « Chasse l’obscur ! »

    Boutescur observa un instant la campagne et chercha un endroit où il pourrait faire un petit somme sans être dérangé par toutes ces fourmis qui s’agitaient sur leurs charrettes de foin. C’est ainsi qu’il glissa lentement au-dessus du Puy Saint Georges, survola Padiès pour aller s’enfoncer dans une combe étroite, pas très loin de Valence d’Albigeois, là où aucun bruit ne troublerait son sommeil.

    Lorsqu’il s’éveilla, le soleil était déjà très bas dans le ciel et la nuit descendait lentement dans la petite combe. Boutescur s’aperçut alors qu’il avait très faim mais notre vieux dragon n’aimait plus tellement se mettre en chasse à la nuit tombée. Il s’apprêtait donc à se rendormir le ventre vide, lorsqu’il entendit un bruit de sonnailles qui s’approchait sur le chemin. Bientôt, entre deux haies de houx,  apparut un troupeau de brebis mené par une jeune bergère qui s’amusait avec son chien. Il y avait là un joli pont de pierres qui enjambait le ruisseau et quand la petite troupe s’engagea dessus, notre dragon n’eut qu’à tendre la patte pour estourbir la bergère, son chien et toutes les brebis qu’il dévora d’un coup.

    Il se tint sage pendant trois jours mais bientôt il dévora une autre bergère près de Faussergues et puis une autre à Andouque, une autre encore à Saint Jean Delnous. Et comme le dragon trouvait les jeunes filles de cette contrée fort savoureuses, il décida d’y rester quelques temps. Mais bientôt, la rumeur d’un dragon dévoreur de troupeaux et de bergères se répandit dans tout le pays. L’une d’entre elles l’aurait même aperçu qui ronflait devant une grotte pas loin du lac de Ginestous.

     

    Le dragon du Boutescure

    Le petit pont sur le Boutescure


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    À tire d'aile 

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    Tout au bout de sa course

    L’oiseau s’est effacé

    Et le ciel amnésique

    A oublié sa trace

    Est-il vraiment passé

    Ou l’avons-nous rêvé ?

     


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    Il pleut

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    Ça clique et claque dans les gamelles

    Ça gargouillette par les chéneaux

    Le bassin rigolette

    Et ça glougloute au caniveau

    Mêli mêle eau de pots

    De chantepleures, de vieux brocs

    Et plic et ploc, l’orage gronde

    Tambour battant,

    Le ciel martèle sa chanson

    La symphonie des claque-bulles

    Et le tango des escargots

    Saltarelle, tarentelle

    Ritournelle, villanelle

    Et une goutte hip

    Une autre goutte hop

    Ça clapote hip hop

     

    La pluie gazouille dans ma tête

    Dégringoline au carreau

    Quel idiot cet oiseau

    Qui va de flaque en flaque

    Avec ses pattes grêles

    Et ses ailes en plumeau

    Fais gaffe à toi le piaf

    Je pourrais bien, si je voulais

    Jouer aussi à patte-mouille

    Ou à casse-flûtiau

    Mais pour l’instant

    Je reste au chaud

    Et j’attends ma maîtresse

    Sortie sans bottes

    Et sans chapeau.

     

    Il pleut

     

     


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  • Pâquerettes

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    Un peu de blanc

    Veiné de rose

    Rose poudré

    Rose dragée

    Pâquerette

    En collerette

    Offre ses  yeux

    Tout étonnés

    Aux verdures du ciel

     

    Et les nues

    Festonnées

    De lueurs

    Traversières

    Lui offrent

    Des couronnes

    Serties

    De plumes claires

     

    Un peu de blanc

    Veiné de rose

    Rose dragée

    Ou rose thé

    Discrète 

    Pâquerette

    Jolie coquette

    En mon jardin

     

    Pâquerettes

     

      


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    Enluminure: Le Mont Saint Michel

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    Je n’ai pas compté le nombre d’heures passées à réaliser cette enluminure sur parchemin, seuls comptent le plaisir et la quiétude ressentis à me promener sur la plage, le long des remparts, à me perdre dans les toitures aux bruns multiples, les innombrables petites fenêtres qui surveillent la montée des eaux, les cheminées, les rochers abrupts aux reliefs écorchés, les murs de l’abbaye soutenus par leurs contreforts, l’empilement des clochers, tourelles, clochetons qui défient le ciel où se livre le combat de l’archange Saint Michel avec l’infâme dragon.

     

     

    Enluminure: Le Mont Saint Michel

                   

      Cette enluminure est une reproduction extraite du manuscrit intitulé « Les Très Riches Heures du duc de Berry ». Ce livre d’heures, généralement considéré comme « le roi des manuscrits enluminés », fut commandé aux frères de Limbourg par Jean Ier de Berry, dit Jean le Magnifique, en 1413.

    Elle est réalisée à l’ancienne, à base de pigments mélangés à un médium à base d’œuf et travaillés avec de l’eau. Cette technique demande beaucoup de patience et de précision. Vous pouvez voir sur les gros plans le très grand nombre de coup de pinceaux en particulier dans les rochers et le ciel. Le plus souvent, il faut travailler avec un casque loupe. Ce n’est pas un travail parfait mais encore une fois, il m’a apporté beaucoup de joie et un sentiment d’immense plénitude.

     

    Enluminure: Le Mont Saint Michel

     

    Enluminure: Le Mont Saint Michel

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    Enluminure: Le Mont Saint Michel

    Il faut toujours travailler la main posée sur un pont en bois et qu'importe la grosseur du pinceau pourvu qu'on ait l'ivresse.

    Un dernier détail, la reproduction mesure 18cm sur 26

     


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