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    L'âne Ananas  1ère partie

     

    L’âne Ananas était d’un naturel curieux. Tout petit déjà, il aimait flâner au milieu des gentianes du pré pour y observer à loisir le petit monde laborieux des insectes. Il était surtout fasciné par l’ingéniosité des fourmis qui ne reculaient devant rien pour aller jusqu’au bout de leur tâche. Parfois, il s’amusait à installer sur le passage de leur caravane affairée des obstacles variés, de minuscules rivières, des labyrinthes compliqués, des murs de lianes, des dos-d’âne, juste pour voir comment elles allaient s’organiser entre elles et parvenir à dompter les nouvelles données du terrain. Ce furent ses premières expériences.

     

    Bientôt, il lui fallut aller à l’école, mais au lieu d’ânonner son alphabet avec les autres, tout comme le cancre de Prévert ou l’étranger de Baudelaire, il s’évadait par la fenêtre de la classe pour observer le ciel et les nuages, « les merveilleux nuages ». Il se perdait souvent dans la contemplation des rayons de lumière qui projetaient les ombres des arbres au plafond de la classe. Cela dansait, cela bougeait, racontait des histoires à n’en plus finir.

     

    L'âne Ananas  1ère partie

     

     

    Sa maîtresse, une vieille ânesse anorexique se fâchait souvent contre lui et l’envoyait au coin en le traitant d’analphabète. Mais Ananas était d’un naturel doux et docile et plutôt que de ressentir de l’animosité contre elle, il s’y rendait en agitant gentiment ses oreilles et sa queue. C’est en découvrant ce spectacle mouvant sur le mur du fond qu’il eut l’idée d’un théâtre d’ombres. Sa queue devint un gros anaconda dissimulé dans la savane, ses oreilles un oiseau, un papillon, un deltaplane, ou bien deux petites korriganes perdues dans la forêt. Quant à ses pattes, il les fit sautiller joliment dans une sorte de pavane pleine de grâce. Bien sûr, toute la classe ricana. Mais au lieu de le féliciter pour son inventivité (pour l’anecdote, il venait tout de même d’inventer l’ancêtre du dessin animé) la maîtresse le mit à la porte en le traitant d’anarchiste et elle déclara excédée que ce n’était pas avec de telles âneries qu’il allait se trouver un maître à la foire d’Annecy. Peut-être devrait-il songer à se construire une cabane au fond des bois pour devenir anachorète.

     

    L'âne Ananas  1ère partieL'âne Ananas  1ère partie

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    à suivre ....

     

    Annexe  : Cette histoire un peu bête m’a été inspirée par les dessins de Phillipe Geraud qui décoraient  les murs d’un gîte dans lequel j'ai dormi lors d’une randonnée. Si par le plus grand des hasards ce dessinateur passe par là  et s’il offusque de voir que j'ai utilisé ses dessins sans sa permission,  qu’il me le dise, je les enlèverai aussitôt. Merci à lui

     

     


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    Tout en haut de l’ombelle

    Un ange s’est posé,

    Petit pays de neige

    Dans un cœur étoilé.

     

    De fenêtres en fenêtres

    Le ciel a décanté

    Une aube aux ailes blanches.

     

    Soudain, un rouge-gorge

    Lance sa flamme vive

    Dans l’herbe du chemin

    S’étonnant de l’hiver

    Qu’il vient de reconnaître.

     

     

    Une à une les branches

    S’ébrouent dans le matin

    Et l’oiseau les regarde

    De son œil enfantin,

    Oasis de joie pure

    Dans le chaos

    De nos incertitudes.

     

     

     


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    De l’eau, des arbres

    Des nuages et du vent

    Joli remue-ménage

    Tout au fond de l’étang.

     


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    « C’est toujours en tremblant que l’on fait le premier pas. »

     dit Sylvain Tesson

    Alors n’ayez plus peur de trembler et mettez vous en route.

    Prenez de la hauteur, videz-vous de tout ce qui vous encombre,

    Et ouvrez-vous à l’essentiel.

     

     

    Nouvelle année

     

     


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    Soucis

     

     

    Gentils soucis

    Dans mon jardin

    Sourient paisibles

    Sous la neige.

    Parfois,

    Je leur ouvre

    Ma porte.

     

     

    Soucis

     


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