• Besoin de terre

    En écho à Durgalola qui publiait ce matin un texte qui m'a beaucoup touchée

    http://petitesgraines.eklablog.com/le-jeudi-en-poesie-avec-le-printemps-des-poetes-a207242646je

     je publie à nouveau ce texte qui était sur mon ancien blog.

     

    Ça vous prend tout d’un coup cette envie de retourner la terre ! Ça dort pendant des mois et puis soudain c’est là, un besoin, une force qui bouscule le sang et traverse le corps. Ça ne peut s’expliquer. Pourtant, le printemps dort encore et tout près du ruisseau, les chênes gardent jalousement leurs vieux tutus de feuilles mortes. La cloche sonne clair dans le froid du ciel dur, mais l’idée suit sa route, le désir, son chemin.

    Ce sont des choses qui ne se pensent pas ! C’est comme un rendez-vous avec on ne sait qui, un besoin impérieux, une faim  qui s’éveille et fait battre le cœur.

    Oui, ça dort pendant des mois et un beau jour c’est là et me prend toute entière ! Alors, je flaire l’air comme le font les chats. Je me dis : « C’est trop tôt !» mais quelque chose est là qui me dit le contraire, une tendresse infime venue de nulle part, une invite du vent qui s’est fait plus léger, une odeur  oubliée qui soudain ressurgit.

    Et puis, je sors les bottes et je vais visiter la cabane à outils. La terre est posée là comme un défi, un tout petit carré dans le fond du jardin que le soleil arrose. Alors, sans réfléchir, je retrouve les gestes inscrits depuis toujours dans le tissu des liens qui unissent les hommes au profond de la terre. C’est comme un rite ancien, une antique prière !

    Le pied se pose seul sur le haut de la fourche,

    le corps s’est préparé à l’effort retrouvé.

    Dès lors, plus rien ne compte que ce lent tête à tête,

    le craquement  tant attendu de la terre qui cède,

    la tension du jardin qui soudain se dénoue,

    le petit cri soyeux de la bêche qui me dicte mon rythme,

    la chaleur du soleil qui fait chanter mon dos.

     

    Besoin de terre

     

    Photo prise cette semaine en catimini par mon mari pendant que je plantais un abélia et une clématite. En arrière plan un petit jardin suspendu en permaculture qui m'a donné de belles salades tout l'hiver. Les merles l' apprécient beaucoup car je l'ai amendé en compost pour le garnir  à nouveau et il grouille de vers de terre. Les piquets à tomates sont là pour signaler les dahlias en dormance. Je les ai chapeauté de petits pots de terre car je me suis souvent accroché le visage à leur bout peu amène

    Besoin de terre

     un petit clic sur la photo

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 26 Mars à 08:22

    Chez nous, c'est vraiment trop tôt pour planter, pas avant les saints de glace sinon, gare aux gelées.

    Mais il fait beau et nous allons sortir notre citronnier et kumquatier (Fortunella) en pots. S'il gèle nous les rentrerons. Les fleurs du citronnier pointent et attendront les abeilles pour nous donner de beaux fruits.

    2
    Vendredi 26 Mars à 08:42

    Tout ce que tu décris est tellement vrai ! C'est ton coeur qui parle, cela se sent à la lecture ; n'y a t il pas, le lendemain ou quelques jours plus tard tes lombaires qui parlent et qui te chuchotent que la terre devient de plus en plus basse ?  Bon week end et à tout bientôt. 

      • Vendredi 26 Mars à 08:53

        si si bien sûr mais j'ai mon huile miracle et puis je ne sais pas résister à cet appel

    3
    Vendredi 26 Mars à 08:58
    Je ne suis pas de la campagne et je n'ai pas du tout la main verte... cependant j'ai conscience que ce lien qui t'unit à la terre est profond et que c'est un manque dans ma vie.
    Ton récit est si beau !
    Merci pour ce partage et merci à ton époux pour la photo.
    Passe une douce journée.
    4
    Vendredi 26 Mars à 09:30
    erato:

    Comme ce texte me parle et m'enchante !C'est tout à fait cela, l'appel intérieur du printemps qui te chatouille l'envie de retourner au jardin et gratter la terre .

    Une joie et un bien être indescriptibles qui apportent peut être des courbatures , mais elles sont minimes au bonheur partagé.

    Merci pour ce partage magnifique !

    Douce journée, bises Azalaïs

    5
    Vendredi 26 Mars à 09:38

    L'envie est forte

    l'attente encore nécessaire

    bêcher, gratter la terre

    et se sentir vivant !

     

    merci pour cette belle rediffusion !

    6
    Vendredi 26 Mars à 10:01

    Coucou , je suis une semie campagnarde de part ma grand mêre qui passait son temps au jardin et j'adorais l'aider 

    Maintenant je vis a la ville et mon fils vient de s'acheter une maison avec un très beau terrain , là il y a de quoi faire ..malheureusement j'aurais un peu de mal a me plier ..mais je peux encore conseiller (un peu )..tu dois savoir que rien ne vaut un tuto You tub ...riressss 

    Merci pour ce beau partage 

    Bises

    7
    Vendredi 26 Mars à 10:14

    C'est tellement vrai ! Je n'ai qu'un petit jardin et le jardin potager est en Haute-Loire donc il dort encore mais déjà mon jardin de Provence me procure mille joies...et quelques douleurs aussi, mais je m'en occupe à mon rythme :) Bonne idée de mettre ces pots renversés sur les piquets ! Merci pour ton texte, tu as bien fait de le republier. Bises et une douce journée

    8
    Vendredi 26 Mars à 11:08
    Cela fait du bien d'entendre ton chant du printemps.
    Je n'ai pas de jardin. Cela me manque .... Et j'irai dehors cet après midi.
    Bises et merci
    9
    Vendredi 26 Mars à 14:28

    Le printemps nous donne des ailes et du courage pour travailler au jardin et profiter de la nature.

    Et puis quelle belle image que celle de la fécondation de la terre nourricière, on plante des graines qui vont pousser, donner des fleurs, des légumes, des arbres et la vie renait. La terre est un peu comme le ventre maternel.

    Bisous et bon weekend.

    10
    Vendredi 26 Mars à 20:46
    Merci pour ton réconfort. Nos petits compagnons sont tout amour . Bises
    11
    Samedi 27 Mars à 16:33

    bravo, c'est magnifique, tes mots pour dire ton lien à la terre, ton talent de jardinière et la terre elle même

    12
    Dimanche 28 Mars à 08:58

    Bonjour Azalaïs,

    Je ressens exactement ce que tu décris. Ton sujet et le mien se rejoignent ce matin.  Quel beau jardin tu as !  Cela fait tant de bien de se repaître de ces images printanières.  

    D'ailleurs je vais éteindre mon ordi et aller m'occuper de mes rattes. Il est plus que temps car le lilas fleurit.

    Bon dimanche au jardin Aza car il fait beau partout aujourd'hui. Tu vas sans doute aller y enfouir tes main dans cette belle terre. smile

    Bises

    13
    gazou
    Dimanche 28 Mars à 09:52

    Comme tu racontes bien ce bonheur de travailler la terre !

    14
    Dimanche 28 Mars à 09:56

    C'est vrai, c'est d'abord par le nez que vient l'impression de printemps... 

    15
    Lundi 29 Mars à 12:40

    Nous avons de la chance

    de ne pas avoir perdu ce lien à la Terre

    qui nous relie à l'univers

    de l'infiniment petit à l'infiniment grand

    :-)

    16
    Vendredi 2 Avril à 09:20

    il est magnifique

    17
    Samedi 10 Avril à 20:53
    Durgalola
    Que le soleil revienne pour courir vers la terre. Bises.
    18
    Jeudi 15 Avril à 10:15
    Durgalola
    Hier avec Anaïa nous avons planté deux graines de Capucine et elle a emmené son pot hier soir quand ses parents sont venus la chercher. Merci pour tes visites. Bises
    19
    Vendredi 16 Avril à 16:49

    Merci à tous deux pour ce moment en partage et que ça pousse  !

    Ma maman adorait s'occuper de son potager...

    Bises Aza

    20
    Samedi 17 Avril à 16:58
    Renée

    C'est si joliment exprimé ce travail de la terre pourtant qui donne bien mal au dos. Bravo doux weekend

    21
    Samedi 17 Avril à 16:59
    Renée

    C'est si joliment exprimé ce travail de la terre pourtant qui donne bien mal au dos. Bravo doux weekend

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