Un long silence mauve
D’où fusent les genêts,
Deux brassées de bruyères
Pour guider le chemin
Et puis quelques fougères
Bondissantes, légères.
La sente monte dru
Dans son lit de rocailles,
Du schiste qui serpente
Comme un jet de lumière.
La roche sonne clair
Au pas lourd du marcheur
Et tout là haut le ciel,
Vibrant comme un appel,
Qui pénètre son cœur,
Amplifié tout à coup
D’une source nouvelle.
Peu importe quels arbres
Par delà les pins sombres,
Peu importe quels vents
De verdure et de paille,
Il n’y a que ce bleu
Qui le hisse au soleil
Et l’horizon qui fuit
Par delà les collines,
Promesse de moissons
À cueillir chaque jour
Comme on cueille une offrande.