Juin s’était perché sur le bord d’un grand pré. Il faisait comme une île, embrassé de la chaude saveur des bleus genévriers. En son centre dressé, un chêne offrait ses branches. La rivière bruissait, répondant quelque part au feuillage des frênes agités de vents doux.
Il y avait partout comme un abattement tranquille alors que tout vibrait, foisonnait, débordait, fleurissait, se répandait par vagues traversées de lumière.
Plus haut je percevais dans le jaune d’un champ, les lignes apaisantes des longs andains de foins que l’on vient de faucher. Plus haut encore, dans le roulis cendré d’un gros nuage sombre, je vis courir des ombres à la tête des blés.
Et puis, j’ai entendu l’oiseau, dans l’arbre aux mille branches. Son chant cabriolant s’amusait à me perdre dans ce réseau dansant.
C’était comme un soleil qui battait à mes tempes, un désir de douceur, de calme, de bonté, mille mains de l’azur pour un nouveau voyage, une paisible traversée.