Chagrins
Cette trouée d’or pâle
Très bas sur l’horizon,
Un bout de ciel doré
Embrasse les branchages,
Vent du jour qui se meurt
Vent des feuilles qui vibrent
Les ombres du couchant
Chuchotent sous la brise
La tourterelle est là
Fidèle,
Effleurant le silence
Pourquoi tant de douceur ce soir
Dans cet élan de vie qui passe ?
Je voudrais le saisir,
Lui dire
Que je ne suis pas morte encore
Que le désir est là
Et la faim et la soif
Et le besoin urgeant
D’un ailleurs qui m’attend.
Le Temps passe, invisible
Mais je sais bien qu’autour de moi
Se tissent des chagrins
Se construisent des murs
Et se forgent des chaînes
Qui vont me diluer
M’absorber, me dissoudre
Dans un torrent de mots
Que rien jamais
Ne pourra endiguer
Pas même
Le fardeau de mes larmes.
Qu’importe,
Tant qu’il reste en mon cœur
La force et la grâce de l’émerveillement.