De verts en verts, je mène mes bouleaux.
La musique des arbres dirige mon chemin.
Je cherche la lumière dans les replis profonds
D’une coulée de mousses.
Verts des prés, verts des bois, verts des forêts profondes,
Vêtues de terre verte, verdegrisent les menthes.
Dans ce silence vert,
Des fils se tissent sous l’écorce.
Et dans le vert ardent du souffle d’un saxo
Surgissent frémissantes,
Les notes oubliées d’une petite fleur,
Le souvenir ancien d’une robe vert jade,
Une robe de bal qu’affectionnait ma mère,
Soyeuse, mouvante et fluide
Comme un vent de printemps.
Je la revois soudain,
Tournoyant sur la piste,
Jeune liane insolente,
Dans l’ivresse joyeuse
D’une valse de Strauss.
Et mes vertes années
Courent dans la montagne.