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    Cardère

     

    Chez dame cardère*

    Au cabaret des oiseaux

    La coupe est toujours pleine

     

    La cardère est une sorte de chardon, dont on utilisait autrefois les têtes pour carder différents tissus. Le langage populaire lui a donné le nom de « cabaret des oiseaux », vous devinez pourquoi.


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    Montjoies

     

    J’ai ajouté ma pierre au montjoie* qui borde le chemin, une pierre qui dirait un merci empli de gratitude pour la joie d’être là, une pierre mémoire en souvenir de mon passage, sans doute aussi une prière, une offrande, un signe à l’esprit du chemin qui m’appelle et me donne des ailes. Petit caillou perdu dans cet amas désordonné, chaleureux, amical, qui me lie en secret au mystère des sentes, me réchauffe le cœur, m’unissant à jamais à mes frères en route et m’invitant pas après pas, à renaître à l’essentiel : le beau, le vrai, le partage, la pure joie de se sentir vivant avec pour toute escorte, le silence d’or pur qui s’accorde au bruit tranquille de mon souffle.

    Un geste simple, dépourvu de toute valeur marchande. Aucune quête de reconnaissance dans cet ajout secret, juste le don infime d’une inconnue qui espère par ce petit acte de présence rejoindre les forces vives de la terre et du ciel afin de retrouver l’émerveillement des origines.

     

    Montjoies

     

    On peut juger cet enchaînement de gestes parfaitement ridicule. Il faut tout d’abord, chercher des yeux un petit caillou qui vous plaise, se baisser ensuite pour le ramasser, repérer enfin un endroit pour le caler de telle sorte qu’il reste le plus longtemps possible, collé, serré contre les autres et sans commettre le sacrilège de les faire tomber. Mais moi j’y vois le symbole de ce dépouillement extrême qui s’opère en moi, pas après pas, chemin après chemin, montjoie après montjoie, caillou après caillou comme si je déposais là ce qui m’encombre, ce qui me pèse, ce qui fait mal, les soucis, les regrets, les illusions perdues, les amitiés déçues, la rumeur des tourments qui habitent mon âme et toutes ces petites vanités dérisoires que l’on astique avec une ferveur teintée de fausse modestie pour se prouver que l’on existe.

     

    Montjoies

     

    Certains gravent des troncs, d’autres dessinent sur les parois des grottes, des immeubles en ruine, écrivent des messages sur les murs des prisons pour tenter à tout prix de laisser une trace visible et signifiante de leur présence au monde. Moi  je dépose un tout petit caillou dans les trous de ces sculptures éphémères en sachant bien qu’il finira par s’échapper un jour pour rejoindre l’anonymat des pierres qui roulent, des pierres que l’on foule, pour s’y cacher, pour s’y dissoudre et pour peut-être réapparaître un jour entre les doigts d’un autre passant épris de  liberté. Qu’importe, j’en garde l’empreinte dans ma main, comme celle d’un enfant qui a grandi trop vite et  dans un coin de ma mémoire, l’image d’un souvenir heureux pour me laver le cœur les jours de trop grande tristesse.

     

    *Le repérage par des tas de pierres a été utilisé depuis des temps préhistoriques mais s'est prolongé sous diverses formes jusqu'à nos jours. L'une d'elles s'appelle « montjoie » de l’Occitan montjoia : il s'agit d'un  monticule de pierres, surmonté ou non d'une croix, placé au bord des chemins par les bergers, les pèlerins pour indiquer la route aux voyageurs. De nos jours, ce mot ancien est largement remplacé par le mot « cairn » mais je lui préfère celui de « montjoie », plus tonique et plus joyeux. Ce signal est aux marcheurs ce que l'amer est aux marins.

     

     

     


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    Quel que soit le chemin

    qui vous verra marchant

     

    Bonne année

     

    Quelle que soit la route

    qui vous verra passant

     

    Bonne année

     

    Je souhaite que cette année

    vous soit douce et légère,

    qu'elle  vous soutienne

    dans vos projets les plus chers

    et qu'elle vous aide à garder votre cap!

     

    Bonne Année

     

    *En Occitan le mot "cap" signifie tête, peut-être ai-je utilisé  inconsciemment ce mot à double sens parce qu'il est pour moi au cœur d'une préoccupation quotidienne.

     

     


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    Délire poétique

     

    J’ai enjambé la brume qui dormait sur le fleuve, les prairies de nuages ciselant les clochers mais là-haut sur le Causse, mon chemin a trouvé le ruban des murets qui surligne parfois de flamboyantes haies : aubépine, cornouille, églantine, sorbier, l’alise et le mûrier tout vibrants, frémissants de la folie gourmande des oiseaux buissonniers.

    Dans ce petit crachin qui éveille au matin le silence des lierres, mon corps s’est enhardi d’une sève nouvelle. Pourtant,  je bride un peu mon pas, juste pour éprouver le constant va et vient entre le ciel immense et l’ocre de la terre, le bruissement des feuilles et l’herbe vagabonde qui scintille à mes pieds, les vieux troncs prisonniers du lourd carcan des mousses et ce puits de lumière qui m’appelle là-bas comme un chant de sirènes. Alors je vais, libre, heureuse de mêler mon souffle à l’haleine poivrée des vigoureux genévriers et tant pis si la pluie effleure mes cheveux. Je voudrais que l'errance ne finisse jamais.

     

    Délire poétique

    Le titre de mon texte m'a été inspiré par le gentil commentaire d'un certain Monsieur Peltier que je ne connais absolument pas mais qui s'est pourtant permis de venir critiquer mes textes comme il l'a fait pour un autre blogueur. Sans doute a-t-il raison ce que j'écris n'est que délire, mais comme je n'ai plus beaucoup de temps à consacrer ni à l'écriture ni  à la visite des blogs qu'il se rassure, mes délires ne l'indisposeront plus souvent.

     

    20
    Samedi 17 Octobre à 12:57   Supprimer le commentaire

    Ne croyez surtout pas que vous créez des haïkus ! c'est du délire poétique... Mais vous avez mon respect et votre liberté d'expression...

     


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    Automne

     

    Dans sa robe arlequine

    L’automne aux pieds d’airain

    Enfourche la montagne

     


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