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    Chagrins

     

    Cette trouée d’or pâle

    Très bas sur l’horizon,

    Un bout de ciel doré

    Embrasse les branchages,

    Vent du jour qui se meurt

    Vent des feuilles qui vibrent

    Les ombres du couchant

    Chuchotent sous la brise

    La tourterelle est là

    Fidèle,

    Effleurant le silence

    Pourquoi tant de douceur ce soir

    Dans cet élan de vie qui passe ?

     

    Je voudrais le saisir,

    Lui dire

    Que je ne suis pas morte encore

    Que le désir est là

    Et la faim et la soif

    Et le besoin urgeant

    D’un ailleurs qui m’attend.

     

    Le Temps  passe, invisible

    Mais je sais bien qu’autour de moi

    Se tissent des chagrins

    Se construisent des murs

    Et se forgent des chaînes

    Qui vont me diluer

    M’absorber, me dissoudre

    Dans un torrent de mots

    Que rien jamais

    Ne pourra endiguer

    Pas même

    Le fardeau de mes larmes.

     

    Qu’importe,

     Tant qu’il reste en mon cœur

    La force et la grâce de l’émerveillement.

     


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  • Parfois, chez le kiné,le temps me dure alors je m'évade

    comme je peux!

     

     

    Polka piquée chez le kiné

    Dehors

    La neige virevolte

     

    *

    Cannes anglaises au placard

    Je reprends le balai

    Obsessions  ménagères

     

    *

    Cahin-caha dans le jardin

    Sur la pelouse

    La corneille s’esclaffe

     

    *

    Défi de l’escalier

    Tous les jours une marche

    Ivresse des  petites victoires

     

    Azaïkus chez le kiné


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  • Il y a bientôt deux ans, j'avais écrit ce texte pour " Voyage", la cinquième Anthologie Éphémère, le dernier défi de Quichottine pour réaliser les Rêves d'enfants malades. Je sais qu'elle a envie de se lancer dans une nouvelle aventure, c'est pourquoi je pense que je peux éditer aujourd'hui ce petit conte sans porter préjudice à la vente du recueil.

     

    Gontran

     

    Connaissez-vous Gontran? C’est mon gros éléphant ! Il n’est pas du tout sage ! Si je l’oublie dans mon jardin, il peut d’un air badin causer de grands ravages !

    Un jour, il prit ses aises dans un carré de fraises et m’en fit un sirop d’un rose alizarine ! Puis il alla chez la voisine piétiner les poireaux, les haricots coco, le chou romanesco en dansant le tango ! Le champ prit les accents d’un beau vert océan moutonné d’émeraude.

    Me voyant très fâchée, toute désespérée, il s’enfuit dans le pré où séchaient mes draps blancs  après avoir « oh non ! » écrasé « quel malheur ! » tous mes potimarrons vernissés vermillon. Puis il foula honteux tout mon linge précieux, espérant effacer les traces colorées de ses ravages potagers!

    Et là quelle surprise ! Je venais de découvrir un peintre de génie d’une créativité vraiment insoupçonnée. Il me fallait sans plus tarder classifier ce talent dans un style alléchant: Action painting ? Art brut ? Nature art ? Body art ? Eléphant art ? Trompe art ? Babar art ?

    Depuis, me croiriez-vous, je vis dans l’opulence ! Les toiles de Gontran se vendent un prix fou ! J’en fais de grands collages, des montages photo, d’aériens étalages sur des porte-manteaux. Je les coupe menu pour les mettre en bocaux !

    Dans leur extravagance, certains grands couturiers me les montent en tutus ou en chapeaux pointus ! Et moi, très inspirée, je dorlote Gontran sous de grands bananiers ou des palmiers dattiers. Dans des îles lointaines aux cieux céruléens je cherche les couleurs mais aussi les fruits frais qui vont le contenter, non sans avoir pris soin d’étaler sous les branches une toile de lin !

    Plitch ! Platch ! Vous entendez ? Oh ! Un nouveau tableau : carambole et grenade  pimenté d’orangine !

    Une pure merveille !

    Gontran

    Illustration: Séverine Dalla

     

     

     


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    En lisant ici et  les textes récités par cœur pour "Les croqueurs de mots ", je me suis demandé ce que j'aurais bien pu proposer pour ce défi en poésie et j'ai pensé à cette chanson d'Anne Sylvestre que j'écoute en boucle en ce moment. J’étais en train de préparer les prochaines étapes du « Camino » pour le mois de mai quand je me suis fracturé la malléole avec surtout une belle entorse qui m’handicape beaucoup. Il y a plus grave bien sûr mais il me faudra attendre encore un peu, en septembre peut-être !

    En attendant de pouvoir repartir sur ces chemins de vent, de ciel, d’horizons infinis, de liberté, de rencontre, de pur bonheur, je vous propose quelques photos prises au printemps dernier et le dernier couplet de la chanson qui me donne du courage. Pour ceux qui ont le temps, elle est en fin d'article.

     

    J'ai pris les chemins du vent
    Que jamais je ne les quitte !
    Je ne voyais pas passer le temps
    Si vite
    Il m'en reste à parcourir
    Attendez-moi, j'arrive !
    Il se peut que l'avenir
    Me suive

     

     

    Un petit clic sur les photos s'il vous plaît

    Les chemins du vent

    La alto del perdón, là où vos péchés vous sont pardonnés.

     

    Les chemins du vent

    Puente la Reina

     

    Les chemins du vent

    Cirauqui, une vision de rêve

     

    Les chemins du vent

    Le monastère d'Irache, là où le vin coule à flots!

     

    Les chemins du vent

    Petite méditation à Villamayor de Monjardín

     

    Les chemins du vent

     

     

    Les chemins du vent

     

    Les chemins du vent

    Une petite peinture abstraite en trois coups de pinceau

     

    Les chemins du vent

    Les montes de Oca, autrefois infestés de brigands

     

    Les chemins du vent

    Entre terre et ciel

     

     

    Et si vous souhaitez avoir de bonnes vibrations pour cette nouvelle année, ce n'est pas compliqué, il suffit d'agiter la cloche!

    Les chemins du vent

     


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    Moutons

     

     

    Moutons, moutons,

    Qui vous garde moutons

    Dans les prairies du ciel ?

    Où donc est la bergère

    Vêtue de brumes claires

    Qui ce matin encor

    Filait près du ruisseau

    D’épais lambeaux de laine ?

     

    Dans la tiédeur humide

    D’une aube de coton,

    Sur les sentes perdues

    Que le silence espère

    Elle va

    Égarée un instant

    Dans un grand songe blanc

     

    Moutons

     

     


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