• Coquelicots

     

    Quand brille au champ

    le rouge sang,

    quand vient au pré

    la fleur rousselle,

    par les chemins

    en ribambelles,

    sur les talus

    sous les ombelles,

    dans tous les cœurs

    qui cascabellent,

    le ciel dépose son vin doux.

     

    Coquelicot, coqueliquette,

    printemps mouvant

    du rouge sang

    qui brille au champ.


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  • Chanson fatrastique en raie mineure

     

    Le jeune homme marchait

    Vêtu de velours blanc

    A sa bouche un œillet

    Marbré de flammes claires

    Il allait à pas lents

    Sous la clarté lunaire

    Quand un zèbre passa

    Suivi d’une gazelle

    Dont les cornes avec zèle

    Embrasaient prestement

    D’élégants lampadaires.

     

    Bonsoir, bel homme en blanc

    Lui dit cette dernière

    Votre gibus me plaît

    Me le prêteriez-vous ?

    Nous allons à la noce

    D’un joli poisson scie

    A moins qu’il ne soit sole

    Il épouse dit-on

    Une sorte de raie

    Mordue de rock and roll.

     

    Puis vint un éléphant

    Qui traînait des wagons

    Tout un train de tortues

    Avec dessus leur dos

    De luisants limaçons

    Quelques choux, des hiboux,

    Des joujoux et des poux.

    Il y avait aussi

    des quiquequoidontoù

    De coquins ornicars

    Des souris, des fourmis,

    Des brebis, des perdrix,

    Une coquecigrue

    Qui fumait des sangsues.

                                       

    Grimpez, mais grimpez donc !

    Trompeta l’éléphant.

    Veuillez donc laisser là

    Tout ce galimatias

    Nous allons à la noce !

    Grimpez, mais grimpez donc !

    Il reste  des carrosses

    Et même quelques chars

    Ornés de fiers sofas.

     

    Etourdi sans malice

    Le jeune homme grimpa.

    On lui mit dans les mains

    Un trombone à coulisse

    Dans lequel il souffla

    Essayant mais en vain

    De trouver l’air ancien

    Que lui chantait sa mère

    Quand il était loupiot.

     

    Do ré mi fa sol la

    Si si do do ré fa

    Vite vite endors-toi

    Le jour s’arrête là

    Et ma chanson aussi !

     

    Mais non ! Mais si !

     

     


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  •  

    Passer par l’étroitesse des jours sombres

    Tamiser de la brume

    L’alphabet de l’errance

    Laisser filer le vide

    Lourd de mots contenus

     

    Puis goûter le printemps

    Elargi de lumière

    Cette lame ardente

    Qui abrande* les cœurs

    Cette poussière d’or

    Qui féconde les âmes 

     

     

    *Abrander  me vient de l’Occitan "abrandar" qui signifie embraser, enflammer.

     Je ne sais pas si ce mot existe en Français.

     

     


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  • Un petit coup de pub pour Mauro Basilio, quelqu'un que j'aime bien.

    Si vous le pouvez, lisez le texte en écoutant Mauro.

    Il est disponible à toute proposition de concert et d'animation

    http://www.placedumarche.it/imaginaryA/fr/main.html

     

     

                Je marche, tu marches, il marche,

    Je marcherai, tu marcheras, il a marché,

    je marche…

    Dans le silence flou de l’horizon qui naît,

    je marche…

    Sans savoir où je vais, sans savoir d’où je viens,

    je marche…

    Et ma marche se perd dans l’infini des lignes qui me portent, dans l’infini des lignes qui me créent,

    me forgent, me sculptent, me façonnent,

    je marche…

    Pas après pas, je balaie tout l’espace. Je l’ouvre, le déploie, le roule, le tord, l’efface et le défait,

    je marche…

    Gauche, droite, tangente, diagonale, devant, derrière, en haut, en bas, endroit, envers,

    dans la brisure de la courbe,

    je marche…

    Je dois régler mon pas au rythme des échos qui profilent leurs ombres,

    je marche…

     Je dois chercher le sens du souffle qui me pousse

    et me guide captif vers des errances vives dont j’ignore le nom,

    je marche…

     Je dois laisser venir le désespoir criant de mes mains qui s’affament,

    de mes bras qui s’emmêlent, s’embrouillent, s’enchevêtrent, des jambes qui me portent,

    m’emportent, me déportent, me mènent, me ramènent, me malmènent,

    je marche…

    Impossible de fuir. Il me faudrait sortir du cadre, sortir du rang,

    ne plus être fourmi au milieu des fourmis, trouver la marge,

    trouver la faille et enfin la lisière où naît la liberté,

    je marche…

    Mais le désordre me reprend, me tourne, me retourne, me roule, me bat, me balance,

    m’absorbe, m’avale, m’englue, me dépossède, me copie, me recopie à l’infini,

    à l’identique et me vomit soudain dans une foule grise

    inconnu sans visage

    Je marche…

     

     

     


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  •  

    Ma maison est silence

     

    Ma maison est silence.

    Les parois sont de verre, le seuil est de papier.

    Les mots ne savent plus  s’y graver une accroche

    Et se brisent le front à  des puits de lumière.

     

    Ouvrir grand les fenêtres

    Et laisser fuir le verbe  dans l’océan des vents,

    Dans les veines des pierres,

    Dans les sentiers offerts des sillons des grands champs

    Dans l’ombre apaisée  des chênes solitaires.

     

    Les cailloux blancs des rêves

    Se perdent dans le fil d’un torrent de raison.

     

    Découdre point par point les fils de la raison.

    Laisser glisser d’un coup la robe de l’attente

     

    Et retrouver enfin

    Cette fragilité  de la lisière nue,

    La liberté de l’être,

    La quiétude du corps,

    Les nuages du cœur.

     


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