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    Promenade matinale

     

     

    Dans la joie imprécise du jour qui se déplie, un merle chante l’aube aux fenêtres du frêne. Sa voix bondit de feuille en feuille déroulant pour moi seule les frissons du soleil.

    Seulement respirer, percevoir la lumière et les choses furtives qui glissent entre mes doigts.

    Je suis l’oiseau, je suis la branche, je suis le ciel dans ce débord de verts captivant tout l’espace, je suis le chant plein de candeur et je suis le silence qui enclot chaque note dans un filet d’argent.

    Te reverrai-je merle dans les greniers du ciel avec le frêne immense et les remous du vent tout ruisselants de feuilles ?

     

     


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    Ce petit vent qui passe

    Agitant la lumière

    Déjà

    Dans le soupir des branches

    Glisse un fil de regrets

     


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    Shitao (1642-1707)

     

    Un jour, je serai arbre, les pieds nus dans un pré,

    Au milieu d’un verger.

    Je grandirai parmi mes frères,

    Petit pommier joufflu, le cœur craquant de pommes,

    Peut-être cerisier, dans une cerisaie,

    Ma chevelure en fleur trempée de brise fraîche.

    On viendrait le dimanche, s’étendre sous mes branches

    Et l’infini du ciel ferait comme un chapeau,

    À qui je prêterais de jolies plumes blanches.


    Childe Hassam

     

    Un jour, je serai arbre, les pieds nus dans le fleuve,

    Osier en oseraie,

    Au cœur d’une tourbière,

    Ou peut-être roseau, dans une roselière,

    Défiant les chênaies,  ocellées de lumières.

    Les saules en berceau agitant leur crinière

    Éveilleraient pour moi  les voix de la rivière

    Et mes feuilles d’argent trembleraient d’épouvante

    En écoutant la nuit, gémir le roi des aulnes.

     

      MauriceDenis_Avril_LesAnemones1891

     Maurice Denis : Les Anémones 1891

     

    Un jour, je serai arbre, les pieds nus chevillés

    Au silence des lierres,

    Un hêtre cathédrale au seuil d’une clairière

    Ou peut-être sorbier, flamboyant, solitaire,

    Mesurant chaque soir le sang de mes oiseaux.

    Et mon cœur alarmé par l’ombre du naufrage

    Ne saura plus frémir au nom de son feuillage.

    Il faudra bien alors, briser toutes mes chaînes

    Pour planter dans le ciel mes graines bohémiennes.

       

    Edgar Payne:Sycomore en automne, 1917

     

    Un très joli cadeau de Félix:

    mon texte sur une musique de William Sheller 

    Merci Félix

    http://felix1.over-blog.com/article-un-jour-azalais-83856315.html

      

      

    Le Tableau du Samedi


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    Pâquerette

     

    Pâquerette rit jaune.
    cachée dans l'herbe haute,
    elle entend la tondeuse.

    Azahaïku

     


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  • Muscari

     

    Muscade, muscadelle

    Musiquette d’avril

    Le muscat rit dans sa musette

     

     Azahaïku

     


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