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    « Le poème n’a pas peur de ce que je peux ressentir ».

    Robert Creeley

     

    J’avais commencé avec l’exercice suivant : « Écris-toi en train d’écrire » et puis j’ai dérivé sans y  prendre garde ….

     

     

    Je vous écris du fond de mon jardin, la tête sous un chapeau de paille, les pieds nus posés sur le ciment frais de l’étendoir. Un drap orange défie un grand pan de ciel bleu. Mon crayon glisse sur une page blanche qui prend plaisir à tiédir au soleil. L’ombre de ma main se déplace en émettant un chuchotis soyeux. Ma chatte cherche sa place dans les jonquilles défleuries.

     

    Je pense à vous qui me lirez. Je pense à ma fille malade et fatiguée. Je pense à ma mère confinée dans sa petite chambre, désorientée, perdue, terrorisée peut-être, sans mots pour exprimer sa détresse, juste les cris et les pleurs. Personne pour lui tenir la main et apaiser son angoisse.

     

    Je pense à ce coup de fil de l’infirmière de l’EHPAD qui sonne comme un glas et tourne dans ma tête : « Nous avons une suspicion de cas de COVID 19 dans notre établissement. Nous contactons toutes les familles pour leur demander de se positionner au cas où leur proche développerait une forme sévère de la maladie. Souhaitez-vous la réanimation ou la sédation ? »

     

    Tout vit, tout bruit autour de moi. Un lézard curieux vient me rendre visite et me tire la langue. Un rouge-queue sautille en grasseyant quelques trilles discrètes. Un moro sphinx charnu visite mes tulipes. De vaillantes  abeilles ripaillent au camélia. Les pivoines s’épuisent à vouloir dégrafer les boutons de leurs corsets de soie. Mais moi je cherche en vain la réponse à la question : réanimation ou sédation ? Aurai-je vraiment le choix ?

     

     


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    Mon mari a trouvé sur sa plateforme photo la proposition suivante: " Pourquoi ne pas mettre en ligne quelques photos des activités qui vous occupent en ces temps difficiles?

    J'ai trouvé que c'était une très bonne idée mais c'est moi qu'il a choisi de mettre en scène pour cette première image. Je ne suis pourtant pas très fière de ma performance. Comme je suis en manque de toile, je suis allée au grenier pour récupérer une vieille croûte à laquelle je tente de donner un nouveau look. Rien de bien extraordinaire mais je tenais à vous faire part de cette idée car c'est aussi une belle façon de communiquer. Alors voilà, je vous montre le départ de mon "chef-d’œuvre". Si je parviens à le terminer je vous le montrerai bien sûr.

     

    Confinement 1


    Et vous à quoi êtes-vous occupés ?

     


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    Toute la pluie des jours à la fin de l’année,

    La vie tressaille encore à  ses flancs épuisés.

    Un petit vent amer vient agiter parfois,

    Des rêves chiffonnés sur quelque plage ancienne.

    Et le ciel abreuvé de ces vaines chimères,

    S’enfuit,  tout égaré, dans sa robe en broussaille.

     

    Et puis soudain, la cabriole !

    Une autre année pointe son nez,

    D’autres jours bien serrés tout prêts à défiler

    Qui se tiennent rangés sur mon calendrier !

    Tant de soleils  et tant de lunes

    Et tant de cases  à colorier !

     

    Bonne année

     

     

    Bonne année à toutes et à tous

    Bonne route sur ce nouveau chemin

    Que la musique des anges

    Accompagne vos pas

     Que ce temps de renouveau

    Vous prépare 2020 lueurs de joie

    Et dites-vous que rien n’est tout à fait perdu

    Si vous êtes capables encore

    De pleurer devant la beauté des choses.

     

     

    Bonne année

     


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  • Samedi, nous avons chaussé nos godillots pour une des plus jolies randonnées tarnaises : La chapelle Saint Ferréol, au-dessus de Dourgne, dans le Sud du département, en plein cœur de la montagne noire ! Malgré la chaleur, j’avais envie de tester une grimpette pour voir si ma patte folle tiendrait le coup.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Il faut que je vous dise que Dourgne est un village très pieux  avec deux abbayes bénédictines : En Calcat,  l’abbaye des hommes (très connue grâce aux tapisseries de  Dom Robert) et Sainte Scholastique, l’abbaye  des femmes. De plus quatre saints veillent sur la petite cité : Saint Ferréol, Saint Stapin, Saint Macaire et Saint Hyppolite. Nous étions donc entre de bonnes mains mais le parcours initial a changé et au lieu des 2 h 50 annoncées dans le guide du Tarn il nous a fallu 3 heures de montée et 1 heure de descente un peu raide parfois à déconseiller par temps de pluie..

     

    La chapelle Saint Ferréol

    Les deux abbayes (un petit clic sur les photos SVP)

     

    Le départ est plutôt rude mais très vite nous rencontrons Saint Stapin, notre premier Saint dont la statue domine la vallée avec une très belle vue sur les deux abbayes.

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Le chemin encaissé se transforme alors en une ligne de crête où dansent une multitude d’azurés très friands de ciboulette sauvage aux fleurs rondes comme des lunes étoilées .

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Après avoir contourné un énorme promontoire rocheux assez impressionnant, nous plongeons dans une belle forêt où alternent les pins et les hêtres. Enfin, c’est le désert de Saint Ferréol, un vaste plateau dénudé où affleurent des roches qui nous viennent du fond des âges, avec, au bout du bout, celle pour qui nous sommes venus : La capelette posée au bord du vide comme un navire prêt à prendre le large.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    J’aurais aimé pouvoir tout garder, noter tous les détails, la consistance du sol où buttent les chaussures, la couleur des mousses qui font le gros dos sur les épaules des roches, l’infinie variété des verts qui habillent les fougères, la chaleur qui me brûle les yeux, la joie retrouvée de l’effort, l’odeur des pins, le petit vent sous la hêtraie avec  la lumière qui sautille dans les branches, le chant des oiseaux, le bourdonnement épais des mouches, l’étroitesse des sentes et puis cette immensité qui soudain se révèle à nous avec la force sidérante de cette petite chapelle si seule, si simple, plantée là ,au milieu d’un désert d’herbes sèches parsemé de cailloux et de vieux cades échevelés.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    La fatigue est abolie. Il n’y a plus que ce petit morceau de monde autour de moi, en moi qui me tient dans sa main et me rend profondément vivante avec cette  chapelle qui m’attire comme un aimant. L’intérieur est austère mais accueillant, juste la chaleur ocre rouge de la pierre, une simple croix de bois, des ouvertures étroites qui laissent entrer la lumière.

    Je me pose sur un banc, non pour prier, je ne sais pas trop faire, mais juste pour dire merci et profiter d’un petit instant de paix. Deux jeunes hommes un peu débraillés entrent, ajustent leur tenue et s’assoient à leur tour. Je suis un peu dérangée par cette intrusion presque brutale mais je reste malgré tout.

     

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Soudain, la voix très pure de l’un d’entre eux s’élève dans le silence et entonne l’Angélus sur l’air très connu de Greensleeves. Sans que je sache ni comment ni pourquoi, une joie immense se déploie en moi, une sorte de « stupeur tranquille » dirait Philippe Jacottet, quelque chose qui me coupe le souffle et m’emplit en même temps de reconnaissance, de profonde gratitude, d’intense plénitude. C’est de l’ordre de l’inexplicable et  tient sans doute à la magie du lieu où communient de façon très étroite la bonté de la terre et la tendresse du ciel. J’ai déjà ressenti ce phénomène étrange  dans des lieux différents : Conques, le lac de Saint Andéol dans l’Aubrac, Montségur, le Mont Saint Michel … auprès de plusieurs sources aussi. Certains parleront de forces telluriques, d’autres de grâce divine. Peu importe ce en quoi l’on croit, l’essentiel est de vivre pleinement ces instants, de laisser à la porte ses rancœurs, ses préjugés, ses doutes et d’avoir l’humilité de se laisser bouleverser, tout simplement. 

    La chapelle Saint Ferréol

     

    Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, je vous renvoie à l’excellent article d’Abellion  http://polymathe.over-blog.com/article-23449053.html

     


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    En lisant ici et  les textes récités par cœur pour "Les croqueurs de mots ", je me suis demandé ce que j'aurais bien pu proposer pour ce défi en poésie et j'ai pensé à cette chanson d'Anne Sylvestre que j'écoute en boucle en ce moment. J’étais en train de préparer les prochaines étapes du « Camino » pour le mois de mai quand je me suis fracturé la malléole avec surtout une belle entorse qui m’handicape beaucoup. Il y a plus grave bien sûr mais il me faudra attendre encore un peu, en septembre peut-être !

    En attendant de pouvoir repartir sur ces chemins de vent, de ciel, d’horizons infinis, de liberté, de rencontre, de pur bonheur, je vous propose quelques photos prises au printemps dernier et le dernier couplet de la chanson qui me donne du courage. Pour ceux qui ont le temps, elle est en fin d'article.

     

    J'ai pris les chemins du vent
    Que jamais je ne les quitte !
    Je ne voyais pas passer le temps
    Si vite
    Il m'en reste à parcourir
    Attendez-moi, j'arrive !
    Il se peut que l'avenir
    Me suive

     

     

    Un petit clic sur les photos s'il vous plaît

    Les chemins du vent

    La alto del perdón, là où vos péchés vous sont pardonnés.

     

    Les chemins du vent

    Puente la Reina

     

    Les chemins du vent

    Cirauqui, une vision de rêve

     

    Les chemins du vent

    Le monastère d'Irache, là où le vin coule à flots!

     

    Les chemins du vent

    Petite méditation à Villamayor de Monjardín

     

    Les chemins du vent

     

     

    Les chemins du vent

     

    Les chemins du vent

    Une petite peinture abstraite en trois coups de pinceau

     

    Les chemins du vent

    Les montes de Oca, autrefois infestés de brigands

     

    Les chemins du vent

    Entre terre et ciel

     

     

    Et si vous souhaitez avoir de bonnes vibrations pour cette nouvelle année, ce n'est pas compliqué, il suffit d'agiter la cloche!

    Les chemins du vent

     


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