• Africa Twin

    Un petit coup de pub pour Mauro Basilio, quelqu'un que j'aime bien.

    Si vous le pouvez, lisez le texte en écoutant Mauro.

    Il est disponible à toute proposition de concert et d'animation

    http://www.placedumarche.it/imaginaryA/fr/main.html

     

     

                Je marche, tu marches, il marche,

    Je marcherai, tu marcheras, il a marché,

    je marche…

    Dans le silence flou de l’horizon qui naît,

    je marche…

    Sans savoir où je vais, sans savoir d’où je viens,

    je marche…

    Et ma marche se perd dans l’infini des lignes qui me portent, dans l’infini des lignes qui me créent,

    me forgent, me sculptent, me façonnent,

    je marche…

    Pas après pas, je balaie tout l’espace. Je l’ouvre, le déploie, le roule, le tord, l’efface et le défait,

    je marche…

    Gauche, droite, tangente, diagonale, devant, derrière, en haut, en bas, endroit, envers,

    dans la brisure de la courbe,

    je marche…

    Je dois régler mon pas au rythme des échos qui profilent leurs ombres,

    je marche…

     Je dois chercher le sens du souffle qui me pousse

    et me guide captif vers des errances vives dont j’ignore le nom,

    je marche…

     Je dois laisser venir le désespoir criant de mes mains qui s’affament,

    de mes bras qui s’emmêlent, s’embrouillent, s’enchevêtrent, des jambes qui me portent,

    m’emportent, me déportent, me mènent, me ramènent, me malmènent,

    je marche…

    Impossible de fuir. Il me faudrait sortir du cadre, sortir du rang,

    ne plus être fourmi au milieu des fourmis, trouver la marge,

    trouver la faille et enfin la lisière où naît la liberté,

    je marche…

    Mais le désordre me reprend, me tourne, me retourne, me roule, me bat, me balance,

    m’absorbe, m’avale, m’englue, me dépossède, me copie, me recopie à l’infini,

    à l’identique et me vomit soudain dans une foule grise

    inconnu sans visage

    Je marche…

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 23 Mai 2013 à 10:15

    Marcher pour rester debout et avancer toujours vers demain... Encore un texte fort !

    (J'enregistre pour Mauro Basilio)

     

    2
    Azalaïs Profil de Azalaïs
    Jeudi 23 Mai 2013 à 10:20

    merci Annick, la vie n'est pas tendre avec les jeunes auteurs compositeurs

    3
    Jeudi 23 Mai 2013 à 18:02

    bonsoir, mon Aza,
    un beau texte
    mais dur... comme la vie...
    qui tourne parfois proche du cauchemar
    la musique souligne fort bien et renfore less mots
    merci
    bisous d'amitié
    jean-marie

     

    je n'ai pas reçu ta newsletter
    je vais me réinscrire

    4
    Azalaïs Profil de Azalaïs
    Jeudi 23 Mai 2013 à 19:46

    est-ce que c'est à toi ou à moi de faire quelque chose?

    5
    Vendredi 24 Mai 2013 à 19:02

    merci mon Aza

    là, ça a l'air de marcher !

    bisous d'amitié
    jean-marie

    6
    Vendredi 24 Mai 2013 à 23:17

    Marcher les yeux mi-clos...

    Quand je marche j'écoute ...

    Quand j'écoute je vois ...

    Quand je vois je sens ...

    Quand je sens je marche ...

     

    7
    Azalaïs Profil de Azalaïs
    Samedi 25 Mai 2013 à 07:53

    la marche consciente, rien de meilleur pour la santé

    merci de ta visite XYZen

    8
    Samedi 25 Mai 2013 à 14:58

    joli...

    à la marge de la marche,

    se construira le chemin...


    "Caminante, son tus huellas
    el camino y nada más;
    caminante, no hay camino,
    se hace camino al andar."

    Antonio Machado 

    9
    Azalaïs Profil de Azalaïs
    Samedi 25 Mai 2013 à 17:31

    le chemin se crée en marchant c'est vrai et nos empreintes parlent pour nous, c'est un très beau poème, merci

    10
    mpolly
    Dimanche 26 Mai 2013 à 10:40

    Superbe texte, qui me parle si bien, si fort.

    J'en aime la brisure des courbes et le rythme des échos qui profilent leurs ombres.

    Chercher du sens, et tout est vain car le désordre le reprend...

     

    Très juste, très embrouillé, comme tous nos faux pas qui pourtant nous font avancer vers l'ultime sans avoir vécu ce que l'on désirait vivre.

    Mais ces pas de travers font aussi partie de ce que nous sommes.

     

    Bisous Aza.

     

     

    11
    Dimanche 26 Mai 2013 à 20:34

    Ton texte est... je ne sais pas trouver le mot.

     

    Mais il m'a parlé, comme m'a parlé la musique.

    Être vomis parmi des inconnus... peut-être est-ce l'image qui m'a le plus frappée.

     

    Je ne crois pas que tu puisse être dupliquée à l'infini. Mais tu es là, c'est certain, et ton propre poème franchit les frontières.

     

    Passe une belle soirée, Aza.

     

    (je n'ai pas reçu ta news... je me demande si tu sais que tu dois les envoyer toi-même à chaque parution.)

    12
    Azalaïs Profil de Azalaïs
    Dimanche 26 Mai 2013 à 20:53

    merci quichottine, pourtant nous sommes pour la plupart des sans visage et cette foule d'inconnus qui sont expulsés tous les jours de la gueule des métros et largués sans ménagement sur les quais. Ah c'est sûr, c'est sans doute moins rigolo que le strass et les paillettes qui font rêver les midinettes en regardant les marches du festival de cannes mais c'est pourtant la réalité.

    Non, je ne savais pas que je devais envoyer les news, je pensais que l'on pouvais s'inscrire comme sur OB, je vais réfléchir à la question

    bises

    13
    Azalaïs Profil de Azalaïs
    Dimanche 26 Mai 2013 à 20:55

    heureuse de te retrouver ici Polly, je ne sais pas trop comment ce texte est sorti, c'est en regardant la vidéo d'un danseur contemporain Samuel Mathieu et j'y ai vu du sens après

    bises

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