• Pour le passage à l'heure d'été, j'ai ressorti de vieux poèmes un peu poussiéreux

     

    Heure d'été

     

    Quand tu seras poussière

    Le repos éternel

    Pas besoin d’une horloge

     

    Heure d'été

     

    Ce cadran si solaire

    Appliqué, journalier,

    Comment sait-il qu’il est minuit ?

     

    Heure d'été

     

    Nous n’irons plus aux champs

    Les blés sont moissonnés

    Arrêtez les pendules

     

     


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  • Un autre texte écrit en atelier d'écriture avec la même contrainte que pour le texte précédent. Le thème de l'expo était les addictions diverses: médicaments, bruits parasites, réseaux sociaux, jeux ...

     

    Addiction

     

    -        -  Addiction !

    -        -  A dit quoi ?

    -       -  A dit… A dit…. Je ne sais plus ce qu’elle a dit, peut-être qu’elle a dit rien, ou peut-être pas grand-chose, un truc sans importance. Moi j’te dis qu’elle est limite c’te fille là. J’ai du mal à la suivre quand elle cause. Et même quand elle écrit, je ne comprends pas tout ! Pourtant j’t’assure, elle est têtue, elle s’obstine ! Elle m’envoie des lettres, des mails, des textos, des SMS et même parfois tiens-toi bien, des poèmes ! Si, si, j’te jure, des poèmes ! C’est vrai que question poésie, j’y connais pas grand-chose mais là, tu vois, ça m’fait quelqu’ chose ! Ça me traverse de partout et puis soudain pftt… ça se disperse, ça s’évapore, ça se dilue, tu vois l’genre ? Non ? Eh bien, je sais pas moi, c’est un peu comme quand tu passes ton thé avec une petite passoire et puis que dans la tasse, y a plus que de la flotte colorée et que toute la matière elle est restée dans la passoire. Tu peux toujours courir pour essayer de garder la trace de ce qu’elle a voulu dire. Je me demande parfois où elle planque ses idées. Rien que d’y penser, c’est grisant ! P’t’être qu’il faudrait la percer, la perforer, la marteau-piquer pour voir enfin ce qu’elle a dans le tréfonds du fond ? P’t’être aussi que ce sont toutes ces pilules qu’elle prend qui la rendent un peu floue, un peu bizarre, suspendue entre la tasse et la passoire. Faudrait la bouger un peu de son canapé, la secouer, la démonter, la remonter, vérifier tous les rouages comme si c’était une pendule. Oui, mais en même temps, une pendule, c’est sans mystère, c’est sans comment, c’est sans pourquoi. Ça fait que donner l’heure ! Alors que cette fille, elle a un truc et je crois bien que j’ l’aime et que je veux bien être le thé, la tasse, la passoire et la flotte. Je ne sais pas comment qu’elle fait mais tu vois, je pourrais en écrire des pages et encore des pages. Je ne m’en lasse pas ! Plus elle déraille, plus je l’écoute, plus elle écrit, plus je la lis et plus je me dis que ça n’aura jamais de fin. Je suis fou d’elle, une vraie addiction !

    -       - T’as dit quoi ?

     

    Addiction

    On pouvait entrer dans cette cage lumineuse et extrêmement sonore censée symboliser notre addiction aux bruits et aux futilités bling bling qui nous font oublier l'essentiel et la vraie couleur des choses.

     


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  • Pour l'arrivée du printemps j'ai repensé à ce texte écrit lors d'un atelier d'écriture avec cette consigne dont je vous ai déjà parlé: chacun des participants dit un mot toutes les minutes et nous devons construire un texte avec ces mots dits au hasard. Je les ai soulignés pour que vous puissiez vous rendre compte. Ça donne un texte un peu débridé mais c'est un jeu.

     

    De l'air de l'air

     

    -      - Ah ! là là, la galipette dans l’herbe haute, dans l’herbe verte, galipette hip hop, galipette pouet pouet, laissez-moi faire la galipette…

    -      - Abracadabra ! Mademoiselle s’il vous-plaît, pourriez-vous rester un instant sans bouger. Plus de gala, plus de gali, plus d’excentriques  galipettes ou vous allez sortir du cadre et le photo, oh ! le photographe ah! va rater sa photo ! Juste un instant, je vous en prie !

    -     - Mais non, cela n’est pas possible ! Entendez donc la zique coulissante du vent dans les prés et le cricri des sauterelles. Moi ze  plonze dans l’herbe folle, ze me roule dedans, ze naze aussi et ze saute hip hop dans tout ce bric à brac plein de zolies surprises. Ça me fait oh là là, ça me fait un peu d’air sous ma zupe et des guilis guilis dans les trous trous de mon sapeau en paille d’Italie.  

          Oh, ze me souviens maintenant de ce voyaze en Italie ! Le soleil était si saud. Il glissait dans les trous trous du sapeau et faisait sur mes zoues de zolies ombres claires. Mais toi bien sûr dans tes pantoufles tu ne peux pas comprendre ce frisson du soleil, la caresse du vent sur mes zambes bronzées. Non, tu ne peux pas comprendre cet appel de l’espace, le silence de l’aube et la moiteur des soirs d’été.

     

    Le thème de l'expo, c'était l'amour

    L

     


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    L'araignée

     

    Je viens de lire cette petite fable dans un recueil de poèmes de Serge Wellens et elle me paraît tellement riche malgré sa brièveté que je la partage avec vous qui venez encore me lire. Peut-être devrions-nous, même si nous n'y croyons pas , nous demander plus souvent quel genre de dieu nous attend de l'autre côté.

     

    L'araignée

    Quand l’araignée sut qu’elle allait mourir, l’hiver étant venu, elle invoqua le dieu des araignées.

    « Seigneur, dit-elle, je vais paraître devant toi. Or, ce qui m’attend ne m’inquiète guère. Je t’ai toujours servi avec humilité. Tes ennemis furent les miens. Que les mouches broyées en ton honneur me soient comptées… »

    Et l’araignée mourut. Elle vit Dieu. C’était une mouche.

     

    Serge Wellens dans  « Les mots sont des chiens d’aveugle »

     


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    Rouge-gorge

     

    Poids-plume sur la feuille

    Un rouge-gorge s’est posé

    La neige à peine a frissonné

     

    Mais dans mon cœur

    Petite  flamme

    A embrasé d'un coup

    Les ombres grises

    De ma nuit

     


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